Des centaines d’appels à témoins ont encore été distribués hier
Elle portait un pull rose, un jean bleu, un sac blanc, des chaussures à motifs fleuris ». Inlassablement, Meddy a fait passer le message, hier, aux centaines de passants croisés au hasard dans les rues bondées du centre. Aux côtés du jeune homme, ils sont plus d’une centaine, voisins, copines de classes, amis de la famille, mais aussi des inconnus compatissants. Tous vont descendre dans le silence, depuis les Réformés jusqu’au Palais de Justice, en distribuant ces appels à témoins illustrés par la photo de Fatima, dont on a perdu la trace depuis près de 5 mois.
Une marche contre l’oubli. Geste qui peut paraître dérisoire, quand la police elle-même avoue son impuissance à débrouiller la moindre piste. « Mais être là aujourd’hui, c’est montrer qu’on refuse que Fatima tombe tout à fait dans le néant », dit Meddy, son fiancé. Depuis les premières heures de la disparition, ce frêle garçon à peine sorti de l’adolescence déploie un courage peu commun pour accomplir la mission qu’il s’est fixée: « retrouver Fatima ». « Ils sont fiancés depuis trois ans. Elle est comme ma fille », explique Leila, la mère de Meddy qui, comme tous les jeunes réunis hier, refuse de parler de Fatima au passé. « On y pense tous les jours. Et tous les jours, on se repose les mêmes questions », dit Laetitia, une copine de classe du lycée de la Viste.
Fatima a-t-elle été enlevée, est-elle encore vivante, séquestrée, tout simplement retournée au bled? Aucun de ses amis ne hasarde une réponse. Mais tous gardent la même image de cette fille « douce et discrète » au sourire timide dont le silence devient, jour après jour, plus assourdissant.







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