Sur Le Post, le procureur dit qu’un témoignage recueilli dans l’affaire Fatima « évoque un même mode opératoire que l’histoire des prostituées. »
« C’est une piste, indéniablement. Mais elle n’est pas exclusive, et rien n’est absolument certain » confie au Post le procureur de Marseille Jacques Dallest ce lundi soir.
On pourrait faire un lien entre la disparition de Fatima, 20 ans, le 7 mai dernier à Marseille et la récente affaire du meurtre de trois prostituées, à Marseille toujours: c’est ce que laissait sous-entendre RMC ce lundi matin.
Sur Le Post, le procureur de Marseille Jacques Dallest en dit plus:
Ces deux affaires sont-elles liées?
« C’est possible, effectivement. Mais, tant que nous ne sommes pas absolument certains, nous devons rester extrêmement prudents. C’est pourquoi je communique peu à ce sujet. »
Qu’est-ce qui vous fait croire qu’elles pourraient être liées?
« En enquêtant sur la disparition de Fatima, nous sommes remontés jusqu’à une femme SDF qui vit à la gare Saint-Charles de Marseille. Et nous l’avons entendue. »
Que vous a-t-elle dit?
« Elle a reconnu sur photo Patrick Salameh, le meurtrier présumé de trois prostituées marseillaises, comme étant celui qui lui a demandé de passer un coup de fil à sa place pour une histoire de baby-sitting. »
Elle est sûre de l’avoir reconnu?
« Elle en est convaincue et persuadée, mais pas catégorique à 100%. »
Pensez-vous que ce soit lui?
« Peut-être bien. Un élément nous met la puce à l’oreille. »
Lequel?
« Cette femme dit que Patrick Salameh lui a demandé d’appeler quelqu’un à sa place avec une puce d’un portable qu’il lui a donné. Et c’est tout à fait son mode opératoire. »
Il a l’habitude de faire ça?
« Oui. Même s’il s’en défend, c’est ce qu’on croit qu’il a fait dans l’affaire du meurtre des prostituées, et à la même gare Saint-Charles de surcroît. Il demande à des personnes qu’il rencontre au hasard de passer des coups de fil pour lui. Dans l’affaire des prostituées, il a demandé à quelqu’un d’appeler pour lui avec la puce d’un portable qui appartiendrait à une prostituée. »
C’est donc une piste intéressante?
« Oui. D’autant plus que nous en manquons dans la disparition de Fatima. Mais nous devons poursuivre l’enquête pour tenter d’infirmer ou confirmer cette piste qui reste une piste parmi d’autres éventuelles. »
Qu’allez-vous faire?
« On va mener des enquêtes téléphoniques, réaliser d’autres témoignages, ainsi que des examens scientifiques et techniques. »
Source : Lepost.fr