
Mis en cause dans la disparition d’une baby-sitter en 2008 aux abords du métro Malpassé, son mandat de dépôt est prolongé.
Le juge des libertés et de la détention a renouvelé, hier, le mandat de dépôt criminel décerné le 6 mai 2011 contre Patrick Salameh. Cet homme de 53 ans est mis en cause dans la disparition, le 7 mai 2008, aux abords du métro Malpassé à Marseille, de Fatima Saiah, une baby-sitter alors âgée de 21 ans. Des faits qui lui valent une mise en examen pour enlèvement, séquestration suivie de mort, même si aucun corps n’a été retrouvé. Fatima se rendait à un rendez-vous avec un éventuel employeur lorsqu’elle a disparu.
Extrait de sa cellule du centre de détention d’Aix-Luynes, Patrick Salameh a profité de cette audience pour réaffirmer son innocence comme il l’a fait, mercredi et jeudi derniers dans le cabinet d’Isabelle Couderc. En charge du dossier, la juge d’instruction a procédé à un long interrogatoire récapitulatif sur l’ensemble des charges pesant sur cet homme également mis en examen pour des faits similaires dont auraient été victimes trois prostituées.
L’accusation repose en partie sur le témoignage d’une femme, une SDF d’une cinquantaine d’années, qui s’était spontanément manifestée auprès des policiers. Celle-ci avait expliqué qu’un homme lui avait demandé d’appeler une jeune femme pour fixer un rendez-vous à la suite d’une annonce passée sur le web pour du baby-sitting.
L’appel reçu sur le portable de Fatima avait été passé avec une puce dont les enquêteurs ont retrouvé le lieu d’achat. Le commerçant n’a pas pu identifier Patrick Salameh comme un client. À la différence de la SDF qui a reconnu Salameh. Mais, précise son défenseur Me Emmanuel Molina, cette reconnaissance ne s’est opérée que le 4 mai 2011, après un tapissage et des présentations de photographies infructueux. « Ce témoin n’intervient dans la procédure qu’au moment où l’autre affaire – celle des prostituées, NDRL – apparaît dans la presse, avec la photo de Salameh », argumente Me Molina. L’identification de l’adresse IP de l’ordinateur avec lequel des mails avaient été envoyés à Fatima a conduit à une impasse.
Le serveur d’un établissement proche des lieux de la disparition de Fatima a, le 5 décembre 2008, identifié Patrick Salameh comme un homme vu au moment des faits. Mais ce témoin a toujours tempéré sa reconnaissance évoquant les sept mois qui avaient passé.
Le 7 mai 2008, aux alentours de 15 h, moment de la disparition de Fatima au métro Malpassé, la carte RTM de Patrick Salameh est compostée au métro Saint-Charles. Une carte de bus qui a continué à être utilisée après son interpellation en novembre 2008, ce qui l’autorise à dire qu’il n’était pas le seul à s’en servir. Tout au long des interrogatoires par la juge Couderc, Patrick Salameh « n’a cessé de marteler son innocence et dire son incompréhension des raisons objectives de sa mise en cause », selon Me Molina.
Du côté des parties civiles, la famille de Fatima, Me Victor Gioia fait part d’une grande circonspection sur les charges pesant sur Patrick Salameh : « Beaucoup de pistes n’ont pas été exploitées. Les éléments qui l’accablent sont minces. Mes clients ne veulent pas un coupable, ils veulent le coupable ».
Isabelle Couderc s’apprête à boucler le dossier en vue d’un procès qui s’annonce très disputé.